En prenant un peu de temps dans les communautés africaines, j’ai pu noter un problème qui semble de plus en plus courant : l’obtention d’un emploi auprès des employeurs fantômes.
En d’autres termes, certains travailleurs étrangers temporaires arrivent au Canada avec une promesse d’emploi validée par un consultant ou un intermédiaire. Or, à leur arrivée, l’employeur ne répond pas, ou pire, il s’agit d’une entreprise enregistrée mais sans activité réelle.
Dans cet article, nous allons analyser ce que prévoient les textes canadiens dans ce cas, et surtout, vous expliquer comment réagir rapidement pour ne pas tomber en situation irrégulière.
👉 Important : cette analyse est basée sur des textes accessibles au public. Pour un avis juridique ou une situation complexe, il est toujours recommandé de consulter un avocat en immigration ou de vous rapprocher de Service Canada.
1. Comprendre le phénomène des « employeurs fantômes »
Un employeur fantôme est généralement une entreprise enregistrée au registre fédéral ou provincial, mais qui n’exerce aucune activité réelle. Dans le cadre du Programme des Travailleurs Étrangers Temporaires (PTET), certains consultants peu scrupuleux montent des dossiers avec de tels employeurs pour obtenir des visas, parfois en échange de sommes d’argent.
Résultat : à l’arrivée au Canada, le travailleur appelle son employeur… sans réponse. Il n’y a pas de contrat actif, pas de poste disponible, parfois même pas de lieu de travail. Cela place le travailleur dans une grande précarité, car son statut est lié à cet emploi inexistant.
2. Ce que prévoient les textes canadiens
Les lois canadiennes visent à protéger les travailleurs étrangers, mais aussi à s’assurer que les employeurs respectent leurs engagements.
Voici quelques points clés :
- ✅ Les employeurs doivent respecter les conditions de l’EIMT (Étude d’Impact sur le Marché du Travail). Si l’emploi n’existe pas ou si l’entreprise n’est pas active, l’employeur est en infraction.
- ✅ Les employeurs peuvent faire l’objet d’inspections. En cas de non-respect, ils peuvent se voir imposer des amendes et être inscrits sur la liste noire des employeurs non conformes.
- ✅ Les travailleurs étrangers ont le droit de quitter un employeur abusif sans craindre de perdre automatiquement leur statut, à condition de suivre certaines démarches (voir point suivant).
3. Que faire si vous vous trouvez dans cette situation ?
Premièrement, ne paniquez pas. Vous n’êtes pas seul, et des recours existent.
a. Signaler l’abus
Vous pouvez signaler l’employeur et le consultant à Service Canada au 1-866-602-9448 ou via leur portail en ligne. Cela déclenchera une enquête.
b. Demander un permis de travail ouvert pour travailleurs vulnérables
Ce permis vous permet de changer d’employeur légalement, sans avoir à refaire tout le processus de visa. Il est destiné aux personnes victimes d’abus ou d’exploitation.
Lien : Demander un permis de travail pour travailleurs vulnérables
c. Trouver un nouvel employeur via des canaux officiels
Le Guichet-Emplois du gouvernement est un excellent point de départ. Il vous permet de chercher un emploi auprès d’employeurs ayant obtenu ou demandé une EIMT.
Lien : Guichet-Emplois pour travailleurs étrangers
4. Prévention : comment éviter les fausses promesses ?
- ✔ Vérifiez l’activité réelle de l’entreprise (site web, réseaux sociaux, téléphone, adresse physique…).
- ✔ N’envoyez jamais d’argent pour obtenir un emploi. C’est souvent un signe de fraude.
- ✔ Travaillez avec des consultants reconnus, membres du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC).
Conclusion
Tomber sur un employeur fantôme à votre arrivée au Canada est une situation difficile, mais pas irréversible. Le système canadien prévoit des mécanismes pour vous protéger, à condition de réagir rapidement.
👉 Gardez à l’esprit que vous avez des droits, même en tant que travailleur temporaire. Ne restez pas dans l’ombre, et surtout, faites-vous accompagner si vous vous sentez dépassé.
Besoin d’aide ? N’hésitez pas à contacter un avocat en immigration ou un centre communautaire proche de chez vous.
