Au début du mois d’avril, j’ai été interpellé par une vague de questions posées dans la communauté Camerounais.ca. De nombreux membres partageaient leurs difficultés en tant que résidents temporaires : problèmes administratifs, pression psychologique, conditions de travail précaires, manque d’information, etc.
Face à cette demande récurrente, j’ai eu la conviction que réunir quelques experts autour d’un événement pouvait être utile, voire salutaire. J’y ai cru fermement. À tort, peut-être.
L’ambition : créer un espace de solution et d’espoir
Le but était clair : organiser une rencontre humaine, ouverte, informative et orientée vers des réponses concrètes.
Nous avons donc lancé l’événement « Résident temporaire – Comment surmonter les obstacles et les difficultés », initialement payant à 20 $, puis rendu entièrement gratuit afin d’encourager la participation.
Nous avons investi dans :
- La location d’une salle (7655, 20e Avenue, Montréal)
- Du matériel de projection et de sonorisation
- Une collation pour tous les participants
- Des visuels promotionnels
- Une campagne de mobilisation via WhatsApp, e-mails, rappels directs
- La présence de personnes clés :
- Me Melissa Charles, avocate spécialisée en immigration
- Johnley Pierre, président de NSK et voix active contre le racisme
- Stéphane Chouapi, fondateur d’Immigration & Entrepreneuriat
- Silas Nkouedjeu De Yotat
- Pascale Moukoko
- Kouamo Kenang Claude
Et pourtant…
Le jour J, nous étions à peine 11 personnes dans la salle, dont 6 panélistes.
La veille, j’ai pris le temps de contacter une cinquantaine de personnes inscrites. Seules 2 ont confirmé leur présence.
À la dernière minute, nous avons pu accueillir deux personnes issues d’autres communautés, heureusement sensibles au sujet.
Un choc, un questionnement profond
Comment expliquer un tel écart entre l’intérêt affiché en ligne et la réalité du terrain ?
- Était-ce une mauvaise idée ?
- Un problème de communication ?
- Ou tout simplement… une preuve que plusieurs ne cherchent pas vraiment à résoudre leurs problèmes ?
- Sommes-nous une vraie communauté, ou juste une série de profils qui s’indignent derrière des claviers ?
Ce sont des questions difficiles. Mais elles méritent d’être posées.
Tout n’était pas perdu
Malgré la déception, nous avons eu un moment fort :
👉 Un participant a pris la parole pour exposer une situation personnelle grave. Grâce aux intervenants, nous avons commencé à réfléchir à des pistes concrètes d’aide.
De plus, l’événement nous a permis d’établir des liens utiles avec d’autres personnes présentes, qui pourront être mobilisées pour de futurs projets.
Ce que j’ai appris
- Tout le monde ne perçoit pas la résolution de problèmes de la même manière.
Certains cherchent des solutions, d’autres préfèrent discuter. Et c’est correct. Mais il faut savoir distinguer les deux. - Mobiliser une communauté demande bien plus que des outils.
Il faut du lien, de la pédagogie, et une vraie responsabilisation collective. - Je ne regrette pas.
Ce n’était pas un échec, c’était un révélateur.
Conclusion
Cet événement m’a appris, m’a secoué, mais ne m’a pas découragé.
Il a mis en lumière la complexité du rôle d’organisateur communautaire : on donne beaucoup, souvent dans le vide, mais parfois une seule personne touchée peut suffire à justifier l’effort.
Je continuerai. Autrement. Mieux. Avec plus de clarté, plus de stratégie.
Et j’espère, avec plus d’engagement réel de celles et ceux qui disent vouloir un changement.
